Seul l'Amour parfait de Dieu peut me combler

le Publié dans Témoignage de Retraite. Affichages : 2301

J'ai pris conscience d'une chose principale à la grande retraite d'Allemagne 2014: 'Dieu m'aime'. J'ai passé le temps à chercher quelque chose que j'avais déjà; en plus je cherchais l'amour où je ne pouvais pas l'obtenir. Dieu seul me donne un amour parfait. L'amour d'un parent ou d'un conjoint peut me combler pour un temps. Mais les imperfections vont finir par apparaître. Seul l'Amour parfait de Dieu peut me combler parfaitement.

Je suis fait pour être aimé. Dieu m'a créé pour être aimé. Mais je ne peux trouver le véritable amour qu'en lui. A la fin de la première journée de la retraite, j'ai commencé à me dire que ce doit être ça la bonne nouvelle de l'évangile: Dieu nous aime. En suivant les recommandations d'après enseignement, je me suis rendu compte que la seule chose dont on peut se réjouir c'est l'amour de Dieu pour nous. Et la seule tristesse en ce monde c'est de ne pas être Amour comme Dieu.
Car Dieu nous a créés à son image, lui qui est Amour. Notre nature est donc d'aimer comme Dieu. Mais nous sommes incapables d'aimer, car notre nature est blessée. C'est la mauvaise nouvelle pour nous, la tristesse en ce monde. Je m'en suis rendu compte lorsque dans un enseignement on nous a dit qu'il ne faut pas confondre amour et égoïsme. J'ai sursauté quand j'ai entendu ça: qu'il y a-t-il de commun entre l'amour et l'égoïsme? Quel idiot ferait une telle confusion? J'ai vite compris que j'étais cet idiot. Voici pourquoi Saint Thomas nous dit qu'aimer c'est vouloir le bien de l'autre. C'est, du moins, ce que je crois avoir entendu d'un enseignement de la retraite. Parfois, on croit aimer l'autre alors qu'au fond c'est son intérêt qu'on cherche; on pose un acte d'amour en espérant que l'autre va nous aimer en retour. C'est alors que je me suis demandé combien de fois est-ce que j'ai posé un acte d'amour sans attendre de remerciement. Pas une seule fois. D'une façon ou d'une autre, j'attends quelque chose en retour. D'une façon ou d'une autre, c'est mon intérêt que je cherche à travers l'autre. Papa Henri a même dit que l'intérêt peut être spirituel. Je me suis alors rendu compte que je n'ai jamais vraiment recherché l'intérêt de mon prochain pour lui-même; j'ai toujours cherché mon intérêt, sous une forme ou sous une autre. J'ai pris conscience de ma pauvreté en amour, de mon incapacité fondamentale à aimer.

Maman Judith disait que notre nature originelle (qui est d'aimer) est comme blessée. Sa phrase a commencé à prendre tout son sens dans mon esprit. Je suis incapable d'aimer, d'aimer comme Dieu aime. Et on ne sait pas comment aimer. Parfois on croit qu'aimer c'est donner à quelqu'un tout ce qu'il nous demande, ou toujours dire oui. Or parfois aimer c'est être dur avec la personne aimée. Maman Judith nous donnais l'exemple de sa fille à qui elle avait refusé d'accorder une demande alors qu'apparemment rien ne s'y opposait. Elle a refusé la demande à plusieurs reprises.

Au vu de tous ces enseignements, j'ai compris que seul Dieu sait vraiment aimer. Parfois nous ne croyons plus en son amour parce qu'il n'exauce pas nos prières. Or ce n'est pas le fait d'exaucer toutes nos prières qui montre que Dieu nous aime. Ce qui nous rend triste en général c'est parce que nos petites demandes égoïstes ne sont pas exaucées par Dieu. Je me suis encore pleinement reconnu dans cet enseignement. Et ce n'est pas parce que le malheur nous frappe qu'il faut croire que Dieu ne nous aime pas. On nous a rappelé l'histoire de Job. Dieu a permis que le malheur le frappe, mais il a continué à croire en l'Amour de Dieu.

Bottom line: Dieu seul sait aimer. Et ce n'est pas parce que nos prières ne sont pas exaucées et que le malheur nous frappe que nous devons cesser de croire en son amour. Nous avons encore besoin de Dieu pour aimer. J'ai compris que pour aimer comme Dieu j'ai besoin de son aide. C'est pourquoi j'ai demandé dans ma prière la grâce d'aimer comme lui, la grâce d'aimer tout court, car en fin de compte, la seule façon d'aimer c'est d'aimer comme Dieu.

J'ai enfin compris qu'en attendant, je dois aimer à travers les petites choses, comme Thérèse de l'enfant Jésus. Poser de petits actes, mais avec amour, faire les choses ordinaires de façon extraordinaire. En ce sens, la fiche de prière nous est d'une grande utilité.

Cette retraite était un véritable concentré d'enseignements. Je ne saurai vous donner en détails les richesses de la retraite, ni ce que j'ai ressenti. Il fallait être là.

 

Tamwa Guy (France)