Saint Joseph, Priez pour nous

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A l’occasion des 150 ans de sa déclaration comme Patron de l’Eglise Catholique par le bienheureux Pie IX le 8 décembre 1870, le Pape François a déclaré l’année 2021 comme année dédiée à Saint Joseph. Selon les évangiles, il était charpentier, homme juste. Il a été déclaré Patron des travailleurs par le Vénérable

Pie XII, Gardien du Rédempteur par Saint Jean Paul II et invoqué souvent comme Patron de la bonne mort. Saint Joseph était le père légal de Jésus. Célébrer saint Joseph est une opportunité de méditer sur notre paternité spirituelle. Un jour les Apôtres demandent à Jésus de leur apprendre à prier. Jésus leur dit de prier ainsi : ‘Notre Père’. Dans l’Ancien Testament, Dieu est beaucoup plus reconnu comme créateur, justicier, puissant et vaillant des combats, Dieu des armées, mais Miséricordieux. Jésus qui est la révélation parfaite nous apprend que Dieu est Père : « Voyant vos bonnes œuvres qu’ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5,16). Dans la parabole de l’Enfant Prodigue, le visage de Dieu comme Père est encore plus clair : il aime miséricordieusement ses enfants (Lc 15, 11-32). Dieu est notre Père, c’est lui qui nous a créés. « Fils vous l’êtes bien : Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie Abba ; Père. Tu n’es donc plus esclave mais Fils » (Gal 4, 6).

Jésus dit de n’appeler personne ‘père’ (Mt 23, 9). Il veut ainsi que personne ne se sente orgueilleux, supérieur aux hommes et ne se prenne comme Dieu donateur de vie à l’exemple des empereurs romains qui étaient divinisés. Mais Jésus ne rejette pas la paternité physique ni la paternité spirituelle comme participation à la paternité de Dieu. Comme Dieu est notre Père, il nous donne la capacité d’être aussi pères. « Je fléchis le genou en présence du Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom » (Eph 3, 14-15). Dans l’Ancien Testament, Elisée appelle Elie ‘père’ (2R2, 11-14). Saint Paul se considérait aussi père des communautés qu’il a fondées et des personnes à qui il a annoncé l’Evangile : « Vous n’avez pas plusieurs pères. C’est moi qui par l’Evangile, vous ai engendrés en Jésus Christ. Je vous exhorte donc, soyez mes imitateurs » (1Co4, 15-16) ; « Mes petits-enfants que, dans la douleur, j’enfante à nouveau, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous » (Gal 4, 19). Si nous appelons les prêtres ‘pères’ c’est qu’ils nous enfantent et nous encadrent dans la vie du Christ. Dans l’histoire de l’Eglise, des personnes sont appelées ‘pères’ spirituels pour leur accompagnement spirituel procuré aux chrétiens.

N’avons-nous pas aussi des personnes que nous avons parrainées pour les sacrements ? N’avons-nous pas des gens qui ont connu le Christ ou sont revenus à l’Eglise à cause de nous ? N’avons-nous pas des personnes que nous avons invitées, évangélisées ou que nous encadrons spirituellement ? Nous avons d’ailleurs comme parents, la responsabilité spirituelle envers nos enfants de chair. Nous partageons ainsi la paternité de Dieu, comme saint Joseph, et coopérons à son action de salut de l’humanité. Le pape François relève que Saint Paul VI observe que la paternité de Saint Joseph s’est exprimée concrètement dans le fait « d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et à la mission rédemptrice qui y est jointe ; d’avoir usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la sainte Famille pour lui faire un don total de soi, de sa vie, de son travail ; d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour domestique dans la surhumaine oblation de soi, de son cœur et de toute capacité d’amour mise au service du Messie germé dans sa maison ». Ainsi nous sommes membres du corps du Christ et responsables de la vie spirituelle d’autres personnes. Nous sommes même responsables des groupes, branches, commissions, communautés et services dans l’Eglise. Nous sommes des pères pour une multitude de personnes, à l’exemple de Saint Joseph.

L’exemple de la paternité physique peut nous aider à comprendre quelques aspects de la paternité spirituelle. Il y a des parents qui ont eu des enfants qu’ils ont ensuite abandonnés. Je connais un homme marié qui était pourtant très engagé à l’église. Il a fait de moi le parrain de l’un de ses fils. Il a été désigné comme chef de la grande famille dans son village et a décidé de délaisser sa famille pour prendre d’autres épouses afin d’asseoir sa notoriété. L’irresponsabilité de certains pères les pousse à ne donner que le minimum aux enfants, les laissant ainsi dans une grande soif matérielle et affective.

Ne pouvons-nous pas aussi nous reconnaître irresponsables spirituellement au moins à certains moments ? Prions-nous régulièrement pour nos enfants spirituels, nos filleuls ? Leur donnons-nous assez de nourriture spirituelle ? Ne les abandonnons-nous pas souvent à eux-mêmes ? « Quel est donc ce serviteur fidèle et avisé que le Maître a établi sur les gens de sa maison pour leur donner de la nourriture à temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera en train de faire de travail » (Mt 24, 45-46). Souvent, nous sommes tellement centrés sur notre propre vie que nous oublions nos enfants spirituels. Saint Joseph a connu beaucoup de souffrances pour préserver la vie de Jésus et de Marie. Saint Paul avait un grand souci des communautés qu’il avait fondées et les villes qu’il avait évangélisées, d’où ces nombreuses lettres qu’il leur adresse. Nous sommes des pères spirituels pour nos familles, car la famille est la première communauté évangélisatrice de ses membres. Nous sommes des pères pour nos groupes et nos communautés. Ils ont besoin de nous.

Dieu voudrait que nous prenions en exemple la paternité de saint Joseph en cette année du 25e anniversaire des groupes Parole de Dieu. Heureusement, c’est une tâche qui s’accompagne de promesses bienheureuses. Nous serons joyeux en nous donnant aux autres car il y a beaucoup plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Ac 20, 35). Le Pape Jean Paul II dit que la foi grandit quand elle se partage. Si nous nous occupons à faire grandir la foi des autres comme de bons pères, la nôtre grandira aussi. Alors, quand notre foi faiblit, ne pouvons-nous pas dire que c’est aussi parce que nous avons baissé dans le souci de nos enfants spirituels ? Enfin, quand nous nous occupons des enfants de Dieu, nous rendons notre Père joyeux car il ne veut pas la mort du pécheur mais sa conversion (Ez 33,11). Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (2Tm 1,4). Il est heureux pour un pécheur qui se convertit. Cherchons des moyens pour nous nourrir et grandir spirituellement. Ceci demande des efforts, de la recherche, de la formation permanente. Surtout ceci demande de toujours et partout mettre la Parole de Dieu en pratique afin que Jésus lui vivant en nous transmette sa vie à ses enfants. « Salut, gardien du Rédempteur, époux de la Vierge Marie. À toi Dieu a confié son Fils ; en toi Marie a remis sa confiance ; avec toi le Christ est devenu homme. O bienheureux Joseph, montre-toi aussi un père pour nous, et conduis-nous sur le chemin de la vie. Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage, et défends-nous de tout mal. Amen » (Prière par le Pape François). Bonne année.

 

Henri Bayemi